avril 20, 2016

Les premières machines

Mécanisme d’Antikyte (original et copie moderne)

Depuis l’ère Babylonienne (circa 2400bc) qui vit la’invention du boulier, l’abacus,  l’Homme a cherché des outils pour l’assister dans les calculs mathématiques. Cette longue évolution a accéléré continuellement. Depuis l’invention du microprocesseur, cette évolution a fait un saut quantique. Mais sur cette page, nous débutons par un survol des débuts.

La Grèce antique

En 1900, des pêcheurs découvrirent une épave près de l’île grecque d’Antikythera qu’ils explorèrent. Parmi les artéfacts ramenés à la surface figurait un artéfact connu aujourd’hui sous le nom de Mécanisme d’Antikythera. Les recherches montrent que cette machine, une sorte de pièce d’horlogerie, était capable de prédire les éclipses, suivre les trajectoires du soleil et de la lune et probablement de tracer les mouvements des cinq planètes connues à l’époque de son utilisation. Si tel est le cas, cet instrument serait le premier ordinateur analogique connu. Il est conservée au musée archéologique national d’Athènes.

Pascal et Babbage

Pascaline de Blaise Pascal

Le premier appareil de calcul fonctionnel connu fut la pascaline, conçue par Blaise Pascal (1623-1662). C’est cependant Charles Babage (1791-1871) qui fut le concepteur de la première machine totalement automatique de traitement des données. Alimenté par la vapeur et munie des éléments de l’ordinateur moderne: l’unité de traitement, les entrées et sorties et le stockage, la machine de Babbage était programmable. C’est la Comtesse Ada Lovelace, née Augusta Ada King (1815-1852), fille du célèbre poète Anglais Lord Byron, qui conçut le premier algorithme destiné à être exécuté par la machine de Babbage.

Début du 20è siècle   

Un opérateur sur la table de Hollerith

L’industrie des technologies de l’information a cependant vu le jour avec Herman Hollerith (1860-1929), qui créa une machine permettant de traiter les données du recensement des États-Unis d’Amérique de 1890. Cette machine était mécanique. Elle pouvait lire des données introduites sur des cartes perforées afin d’augmenter des tabulateurs et afficher les résultats à l’aide de cadrans. En 1896, il fonde la Tabulating Machine Company afin de commercialiser ses travaux. En 1911, la Tabulating Machine Company fusionna avec la Computing Scale Company sous le nom de Computing Tabulating Recording Company (CTR), qui deviendra International Business Machines (IBM) en 1924 sous la gouverne de Thomas Watson (senior).

Ancien logo IBM

IBM a continué à développer et vendre des calculateurs mécaniques aux entreprises pour aider à la comptabilité et la gestion des stocks. C’est l’armée américaine qui a requis une calculatrice optimisée pour le calcul scientifique lors de la Seconde Guerre mondiale. Les cuirassés devait tirer des obus lords sur des distances allant jusqu’à 25 miles. Les physiciens pourraient écrire les équations qui décrivent comment la traînée atmosphérique, le vent, la gravité, la vitesse initiale et les autres variables déterminent la trajectoire de l’obus. Mais la résolution des équations était extrêmement laborieux. Ce travail était alors effectué par des hommes. Leurs résultats étaient publiés dans des tables de tir balistique dans les manuels d’artillerie. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, alors que la plupart des hommes étaient à la guerre, l’armée américaine parcouru le pays à la recherche de femmes, expertes en mathématiques pour le calcul de ces tables. Mais ils n’en trouvèrent pas en nombre suffisant pour faire face à la demande pour de nouvelles tables. Parfois, des pièces d’artillerie devaient être livrés au champ de bataille sans les tables de tir nécessaires à leur utilisation. Face à cette situation, l’armée américaine était prête à investir afin d’automatiser ce type de calcul.