mai 2008

Introduction aux technologies de l'information

 

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Le passage d'une société industrielle, telle qu'elle existait au 19e siècle, à une société de l'information comme nous la connaissons aujourd'hui, a nécessité de grands développements technologiques et des changements profonds dans notre société. Aujourd'hui, la connaissance de l'information, de même que l'assimilation rapide de l'information disponible, constitue un des fondements de notre société.

D'un point de vue technologique, la société de l'information se caractérise par une intégration croissante et constante des technologies de communication et d'information. L'information électronique est la résultante de ce processus d'intégration et ce sont précisément son traitement et son organisation qui ont révolutionné les pratiques traditionnelles de manipulation de l'information.

La gestion de l'information n'est pas seulement une réalité d'affaires, mais aussi une réalité socio-politique. Les interactions et l'interdépendance entre la société et l'information à l'échelle nationale et internationale ont entraîné des conséquences profondes. L'information et la connaissance sont aujourd'hui des facteurs de production tout aussi importants que ne l'ont été le travail et le capital.

Comme exemple des nombreux changements qui surviennent, il suffit d'observer les modifications juridiques telles que le droit d'auteur et l'accès à l'information. Cela inclut aussi les responsabilités liées à l'exactitude de l'information utilisée.

Qu'est-ce qu'un ordinateur ?

Un ordinateur est un ensemble de circuits électroniques permettant de manipuler des données sous forme binaire, c'est-à-dire sous forme de bits. Le mot « ordinateur » provient de la société IBM France. François Girard, alors responsable du service promotion générale publicité de l'entreprise IBM France, eut l'idée de consulter son ancien professeur de lettres à Paris, afin de lui demander de proposer un mot caractérisant le mieux possible ce que l'on appelait vulgairement un « calculateur » (traduction littérale du mot anglais « computer »).

Ainsi, Jaques Perret, agrégé de lettres, alors professeur de philologie latine à la Sorbonne (Paris), proposa le 16 avril 1955 le mot Ordinateur en précisant que le mot était un adjectif provenant du Littré signifiant « Dieux mettant de l'ordre dans le monde ». Ainsi, il expliqua que le concept de mise en ordre était tout à fait adapté.

Bien que les racines de l'informatique se retrouvent certainement chez les Chinois, grec, égyptien et aztèque, le père de l'ordinateur est, sans contredit, le mathématicien britannique Charles Babbage (1792-1871). Ses travaux sur les mécanismes de la logique et la machine à calculer ont établi les fondements de l'informatique. Cependant, il n'y a pas eu de développements majeurs avant la fin du 19e siècle.

Durant ce siècle de nombreuses découvertes dans le domaine de la physique, plus particulièrement sur le comportement des électrons, amenèrent plusieurs innovations. La première, de par son importance, fut le tube sous vide, inventé par Lee DeForest. Avec ces innovations il sera possible de concevoir des systèmes électromécaniques, puis électroniques.

L'ère préhistorique

C'est un Américain, le docteur Herman Hollerith (1860-1929), qui a développé le premier ordinateur électromécanique. Il utilisait des cartes perforées. Ce système a été développé pour compiler les résultats du recensement national des États-Unis de 1890. Les cartes perforées étaient déjà utilisées dans l'industrie du textile afin de créer des motifs répétitifs dans les tissus.

PhotoEn 1880 le recensement a nécessité 7 ans pour compiler les résultats, celui de 1890, avec la machine du Dr. Hollerith, a nécessité seulement 2½ Années et économisé 5M$(US) au trésor américain. Ce fut suffisant pour attirer l'intérêt des bureaucrates. Hollerith, avec le support de quelques associés, a formé, en 1911, la Computing-Tabulating-Recording company (CTR). En 1924, la CTR company changea son nom pour devenir l'International Business Machines Corporation mieux connue sous l'anagramme IBM.

Les prochains développements importants sont survenus dans des circonstances plus dramatiques. La Seconde Guerre mondiale a impliqué un grand nombre d'hommes et de femmes et nécessité de grandes quantités d'équipements et d'argent. Les équipements devaient être inventoriés et dépêchés aux troupes. Les salaires et allocations devaient être distribués et comptabilisés. À ces fins, la fin de semaine de Pâques 1942, le gouvernement des États-Unis a réuni 180 pièces d'équipement de traitement de données électromécanique. Le département du Trésor a alors commencé à générer des chèques avec l'aide ordinateur à carte perforés qui suivaient les soldats dans leurs déplacements.

En 1944, à Cambridge, Massachaussets, Howard Aiken et IBM construisent le Harvard Mark I. Le Mark I utilisait du ruban perforé, 500 milles de fils de cuivre et le principe du contrôle séquentiel développé par Charles Babbage. Cet ordinateur électromécanique a joué un rôle déterminant dans l'effort de guerre allié, particulièrement dans le décodage de transmissions ennemies.

Le premier ordinateur à usage général, ENIAC (Electronic Numerical Integrator And Calculator) fut mis en service en 1946. Il utilisait 18 000 tubes sous vide, 1500 relais, 500 milles de fil, et nécessitait 100KWatt. Développé au coût de 750 000$ (US) pour l'armée américaine par la Moores school of electrical engineering of the university of Pennsylvania pour le calcul de tables de balistique, il s'agit essentiellement d'un assemblage complexe de 40 panneaux groupé en 30 unités utilisait des cartes perforées et devait être recâblé pour modifier le programme. Il s'agissait, encore ici, d'un système électromécanique.

C'est à cette époque que le transistor fut inventé par des chercheurs à l'emploi des laboratoires Bell. Ils ne furent cependant pas utilisés dans des ordinateurs avant 1958.

La première génération: les tubes sous vide.

Ce qu'il est convenu d'appeler la première génération d'ordinateur a débuté avec le Univac I de la compagnie Remington Rand. Il fut mis en service, en 1951, à l’U.S. Bureau of Census. L'Univac I, vendu aux environs de 500 000$ (US) a l'honneur d'être le premier ordinateur utilisé commercialement. La seconde machine produite fut installée, en 1954, au General Electric Appliance Park. Il est intéressant de noter qu'alors les experts considéraient que 50 ordinateurs seraient suffisants pour remplir tous les besoins existants et futurs en traitement de l'information.

À ce moment IBM était déjà en train de s'établir comme un chef de file. En 1953, elle introduisit le modèle 701, nommé le Defence Calculator et produit seulement à 19 exemplaires, suivi par le 650, de dimension moyenne, en 1954, et par le modèle 1401, en 1960. IBM a vendu plus de 7000 modèles 1401 et plus de 1000 modèles 650. Ce devait être le début du traitement électronique de l'information alors que les terminaux se sont joints aux lecteurs de cartes perforées comme périphériques d'accès.

Les ordinateurs de première génération utilisaient cependant des tubes sous vide. Ces tubes permirent de développer des systèmes entièrement électroniques, mais ils ont des défauts importants:

  • les tubes sont volumineux, et il faut construire de très grands ordinateurs pour obtenir une capacité de traitement intéressante;

  • ils génèrent beaucoup de chaleur, il faut donc installer des systèmes de refroidissement;

  • les tubes, partiellement à cause de la chaleur, ont souvent besoins d'être remplacés.

Ces ordinateurs sont donc d'une utilité limitée puisqu'ils sont peu fiables. Ils sont aussi très couteux à acheter et à opérer. Le tableau 1 nous montre le coût des premiers ordinateurs. C'est à la même époque que sont apparus les langages de programmation.

Le premier langage de programmation fut APT, développé au Massachaussets Institute of Technology (MIT) vers 1953. Le langage Fortran, fut développé par IBM en 1954. Les principaux langages de programmation et leurs dates de développement se retrouvent sur le tableau 3.

C’est à cette époque que sont apparus les premiers 'bug' informatiques. En essayant de résoudre un problème avec un des premiers ordinateurs à tube un technicien à découvert qu'un papillon entré à l'intérieur d'un panneau de tubes, cet insecte (bug, en anglais) causait un court-circuit et était la cause du problème. L'expression, qui fut utilisée la première fois par l'amiral Grace Murray Hopper (1906-1992), est toujours utilisée aujourd'hui pour parler d'un problème avec un ordinateur ou un programme. Le 'bug' original est préservé au musée du Naval Surface Weapon Center à Dahlgren, Virginie, États-Unis.

La seconde génération: le transistor.

La seconde génération d'ordinateurs (1958 à 1969) est celle du transistor. Le transistor permit aux ordinateurs de devenir plus petits, consommer moins d'électricité et produire moins de chaleur. Les transistors étant beaucoup plus durables que les tubes sous vide. Cette génération nous donna des ordinateurs plus fiables. Les ordinateurs les plus réputés de cette génération sont les IBM 7090 et 7030 (Stretch) ainsi que le CDC 6600.

Tableau 1: Ordinateurs de première et seconde génération

Ordinateur

Année

Coût

Addition

Multiplication

Technologie

(000 $)

millisecondes

Harvard Mark I

1944

n.d.

300.0
 

6000.0

Électromécanique

ENIAC

1945

750

0.2
 

2.8

Électronique à fonctions spéciales

Harvard Mark II

1947

840

   

Partiellement électromécanique

IBM SSEC

1948

 

<1

20.0

Électromécanique et électronique

UNIVAC I

1951

400

0.5

2.15

Traitement en série

 

 EDVAC

1952

467

0.2-1.5

2.2-3.6

 

 

Harvard Mark III

1951

1 160

5.0

13.0

Traitement série-parallèle

ERA 1101

1950

500

0.1

0.35

Traitement parallèle

MIT Whirlwind I

1951

4 000

0.022

 0.375

 

IAS Computer

1952

650

0.062

0.72

 

SWAC

1952

400

0.064

0.37

 

IBM 701

1953

425

     

IBM NORC

1955

2 500

0.015

0.031

Premiers superordinateurs

Philco 2000

1957

 

0.0017

0.0403

 

UNIVAC LARC

1960

 

0.004

0.008

 

IBM Stretch

1961

 

0.0014

0.0025

 

Le tableau 1, ci-haut, nous montre les principaux modèles d'ordinateurs de première et seconde génération. Il nous permet d'en comparer les coûts et les temps nécessaire pour effectuer une addition et une multiplication.

La troisième génération: le circuit intégré.

La troisième génération (1964 à 1971) utilisa les circuits intégrés. Conséquence directe de la recherche spatiale et militaire américaine, les ingénieurs ont mis au point des méthodes permettant l'intégration d'un grand nombre de composantes électronique sur une petite gaufre de silicium. Ce qui permit de concevoir de plus petits ordinateurs de puissance toujours grandissante. Les ordinateurs de troisième génération sont encore utilisés aujourd'hui. Le IBM 360 est probablement le plus connu de ceux-ci.

La lutte constante pour une plus grande intégration, nécessaire au programme spatial américain, produit des composantes qui ont permis le développement d'une quatrième génération (1969 à aujourd'hui). Les microcircuits intégrés LSI (Large Scale Integrated) et le microprocesseur sont le résultat de cette microminiaturisation.

 

La quatrième génération: le micro-processeur

Marcian E. HoffEn 1969, M.E. Hoff jr., un jeune ingénieur muni d'un doctorat en électronique de l'université de Stanford, qui travaillait pour la compagnie INTEL corporation s'est trouvé responsable d'un projet spécial pour la société japonaise Busicom. La mission de Hoff était de produire un processeur assez petit pour pouvoir être utilisé dans un calculateur de bureau. Il a créé le premier microprocesseur : le INTEL 4004, une puce de 1/6 de pouce par 1/8 de pouce. Malgré ses dimensions réduite le 4004, utilisée dans le micro-ordinateur INTEL MCS-4, possédait la puissance de traitement de l'ordinateur ENIAC et d'un IBM du début des années 60.

INTEL, dont le nom vient des mots anglais INTegrated ELectronics, se propulsa au premier plan de la recherche et du développement dans le domaine des micros-processeurs. Le 4004 fut rapidement suivi du 8008 et du 8080. Le 8080, introduit au printemps 1975, était 25 fois plus puissant que le 4004, il était capable de traiter l'information en bloc de 8 octets (bits) et était en mesure d'utiliser 65Koctets (Kbyte) de mémoire. Le micro-processeur, une seule puce, était disponible au coût de $179. En août 1981, IBM lance son ordinateur personnel, le PC. Une machine puissante, propulsée par le Intel 8088 à 4,77 MHz, avec mémoire vive de 64 ko et une unité de disquette de 160 ko. Prix de vente: 4 500$.

Plusieurs compagnies fabriquent aujourd'hui des micros-processeurs de toutes sortes. Les plus célèbres sont les Z-80, de la compagnie ZILOG, utilisé dans les ordinateurs TANDY TRS-80 et les 6502 et 68000, de la compagnie Motorola, utilisée dans les produits Apple. Des microprocesseurs sont utilisés dans les gros systèmes de quatrième génération. Actuellement il y a plus de 70 millions de micro-ordinateurs compatibles à la norme IBM en utilisation dans le monde.

Tableau 2.: Nombre total d'ordinateurs en utilisation dans le monde entre 1950 et 1974.

Année

US

UK

France

RFA

Japon

Total

1950

2

3

0

0

0

5

1955

240

13

5

5

0

263

1960

5400

217

165

30

85

6167

1965

24700

1582

1500

2300

1870

31952

1970

74060

6269

5460

7000

8800

101589

1974

165040

14400

16100

18800

26100

240440

 

Le nombre d'ordinateurs en utilisation dans le monde croît depuis les débuts en 1944, comme nous le montre le tableau 2.

 

Chaque nouvelle génération a emmené des améliorations sur la précédente. En moyenne, on a obtenu:

  • une augmentation de vitesse de 10x

  • une augmentation de mémoire de 20x

  • une augmentation de fiabilité de 10x

  • une réduction du coût des composantes de 10x

  • une réduction du coût du système de 2½x

Tableau 3: principaux langages de programmation.

Langage

Date

Usage

APT

 1950

développé pour des applications de contrôle numérique sur un MIT Wirlwind

Fortran

 1954

Premier langage algébrique utilisé à grande échelle, développé par IBM.

Flowmatic

 1955

Premier langage d'affaires, développé par Remington Rand.

IPL

 1957

Premier langage de traitement de listes, développé à Carnegie-Mellon.

Comit

 1957

Premier langage de traitement de chaînes de caractères, remplacé par Snobol, développé par Bell

Cobol

 1959

Le langage d'affaires le plus utilisé jusque vers la fin des années 1990, financé par la défense américaine.

Algol 60

 1960

Langage algébrique théorique, développé par un comité international.

 Lisp

 1960

Développé par John McCarthy c'est le langage le plus utilisé pour l'intelligence artificielle.

Jovial

 1959

Premier langage de contrôle en temps réel, développé pour la défense américaine.

GPSS

 1961

Premier langage de simulation.

APL

 1962

Langage algébrique interactif, développé par IBM.

Basic

 1965

Langage algébrique développé à l'université Dartmouth.

PL/1

 1965

Langage algébrique puissant développé par IBM.

Pascal

 1970

Premier langage de programmation structuré utilisé à grande échelle, développé à l'université de Zurich.

C

 1973

Langage à usage général, développé aux laboratoires Bell par Kernigan et Richie, il est beaucoup utilisé pour écrire des compilateurs et des systèmes d'exploitation à cause de sa portabilité.

La décennie 80

En 1980, l'industrie de la micro-informatique est fragmentée. Le premier manufacturier de micro-ordinateurs, Apple, est dirigé par ses fondateurs, Steve Jobs et Steve Wozniak. Ils dominent le marché avec des ventes d'environ 50 millions de dollars. Le premier tableur électronique, VisiCalc, facilite les ventes de l'ordinateur Apple II et attire l'attention des entreprises. Tandy, propriétaire des magasins Radio Shack, occupe déjà un créneau avec ses ordinateurs TRS 80. Micro-Instrumentation Telemetry Systems (MITS) s'affirme grâce à l'un des premiers ordinateurs personnels, Altair. Les fabricants se multiplient. Mais les architectures diffèrent, les systèmes d'exploitation et les applications sont incompatibles entre eux.

Selon une étude d'IBM, moins de 10% des 14 millions de PME américaines utilise des ordinateurs personnels. Par ailleurs, dans les grandes entreprises, moins de 3% de l'effectif s'en sert.

C'est en 1981 qu'arrivent sur le marché des produits qui auront une influence majeure sur le traitement électronique des données depuis. En avril, Adam Osborne a mis sur le marché le Osborne 1; en mai, Xerox a lancé le Star et en août est arrivé le IBM PC.

LE OSBORNE 1

Le Osborne 1 fut le premier ordinateur portatif. Il ressemblait à une grosse valise et arrivait avec un logiciel de traitement de texte (WordStar), un chiffrier électronique (SuperCalc), une base de données (dBase II) et un générateur de programmes (Personal), le tout pour $1,795(US).

Cet appareil est important pour plusieurs raisons. Premièrement, il a lancé l'idée de la portabilité, il peut donc être considéré comme l'ancêtre de tout les ordinateurs portatifs. Deuxièmement, il arrivait comme un système clé en main pour les compagnies. Comparé avec les systèmes et les applications qui existaient auparavant ce fut une avance majeure. Troisièmement, il n'était pas cher, pour son temps. Les commentaires de l'époque étaient que Osborne vendait du logiciel et vous donnait un ordinateur pour le faire fonctionner. Cet ordinateur a fait pour le marché corporatif ce que Apple avait fait pour le marché domestique quelques années auparavant avec le Apple II.

Le Xerox Star

Une solution très chère pour des problèmes que les utilisateurs ne croyaient pas qu'ils avaient. Un ordinateur très puissant pour des logiciels qui n'existaient pas encore. Voilà comment on peut décrire, en une phrase, le Star de Xerox.

Conçu à partir d'un microprocesseur développé par Xerox, le Dandelion, il possédait beaucoup de mémoire, un écran à haute résolution noir et blanc ainsi que tout l'équipement et le logiciel nécessaire pour établir un réseau et y attacher des imprimantes au laser. Le système d'exploitation, basé sur le langage Smalltalk, un langage orienté-objet, a produit une interface utilisateur graphique (WYSIWYG) capable d'afficher plusieurs fenêtres (Windows). Des icônes et une souris étaient utilisées pour démarrer les applications. Tout ceci pour seulement 50 000$(US). Xerox en vendit très peu. Cette machine est d'une grande importance dans l'histoire de l'informatique puisque plusieurs nouveaux concepts et plusieurs nouveaux équipements sont des descendants directs de celle-ci.

L'interface graphique Microsoft (Windows), IBM (OS/2 Presentation Manager), OSF/Motif, X-Windows et Apple (MAC Finder) son basé sur celle du Star. La souris, l'écran graphique à haute résolution et le standard de réseau Ethernet furent tous inventés par Xerox pour le Star. Avec cette machine le poste de travail (workstation) était né.

Ce micro-ordinateur était, de façon évidente, en avance sur son temps. Les autres manufacturiers et les utilisateurs ont pris 10 ans pour comprendre.

Le IBM PC

En août 1980, la direction de IBM donne un mandat historique à William (Bill) Lowe, alors directeur général du laboratoire des systèmes points d'entrée à Boca Raton, Floride. Développer et fabriquer un ordinateur personnel en un an. Nom de code de l'opération: 'ACORN'.

Philip D. EstridgePour raccourcir le processus de développement du produit, le comité lui donne carte blanche quant à la formation d'une équipe technique. Cette équipe sera dirigée par Philip (Don) Estridge un vétéran de 24 ans chez IBM, qui est considéré comme le père de cet ordinateur.

Plus tard, en 1983, Don Estridge a dit ceci de cette expérience:

"It's been very humbling to participate in an experience like this. The product doesn't belong to us any more."

Il est décédé dans un accident d'avion à Dallas en août 1985.

L'une des principales décisions prises au début du projet est de s'approvisionner auprès de fournisseurs externes. Les lecteurs de disquettes, le système d'exploitation et le bloc d'alimentation sont tous achetés de fabricant différent. IBM conçoit ainsi Acorn comme un ensemble de modules interchangeables et d'interfaces standard. Cette décision permet à l'équipe de respecter les délais et a des conséquences historiques. D'un côté, des programmeurs externes à IBM peuvent écrire des programmes pouvant être utilisés avec cet appareil. De l'autre côté, des fabricants d'équipement électronique peuvent concevoir des périphériques et autres produits pouvant être utilisés avec le PC.

Cette approche modulaire permettra à IBM d'apporter des modifications au produit tout en assurant la compatibilité. Ils s'adressent initialement à Digital Research, concepteur du système d'exploitation CP/M, pour le développement du système d'exploitation, mais Digital Research ne peut s'entendre avec IBM. La légende veut que le président de Digital Research fût parti piloter son avion personnel quand IBM a téléphoné. Une nouvelle compagnie, Microsoft, dirigée par celui qui est considéré comme le plus riche collégien au monde, Bill Gates inventeur du langage de programmation BASIC, relève alors le défi, et Microsoft devient instantanément la société la plus influente en micro-informatique après IBM.

Le Lancement

Le jour de l'annonce du PC, le 12 août 1981, IBM lance aussi plusieurs produits spécialement conçus pour cet appareil. Les principaux sont VisiCalc, le langage Basic (Microsoft) et le programme de traitement de texte Easy Writer.

Il a fait sensation. Le Wall Street Journal a dit à l'époque:

"IBM attaque avec audace le marché de l'ordinateur personnel. Le géant de l'informatique pourrait devenir le chef de file de cette jeune industrie d'ici deux ans."

En fait, en neuf mois, le PC à largement distancé les produits Apple. IBM vend environ 10 700 machines en 1981, et 150 000 en 1982.

Byte indique dans son analyse du PC en janvier 1982:

"Le génie des concepteurs du micro-ordinateur IBM, est d'avoir tout accompli selon les méthodes classiques, mais bien. L'ordinateur personnel IBM n'intègre aucune innovation remarquable, mais du moins n'a t il pas souffert des problèmes de conception, aussi bien mineurs que catastrophiques, des autres micro ordinateurs."

IBM a sous-évalué le succès du PC. Elle s'est aussi trompée quant au marché. La société prend alors une grande décision: vendre le PC par l'intermédiaire de canaux de distribution externes plutôt que par ses propres représentants. Un changement majeur de philosophie pour IBM. Elle justifie cette décision par le marché cible: les particuliers et les petites entreprises. ComputerLand devient le premier détaillant du produit au Canada.

Les détaillants ont ajoutés de la mémoire, y a incorporé des lecteurs de disquettes de 160 kilo-octets et des écrans graphiques. Les manufacturiers de cartes d'ordinateurs ont mis sur le marché plusieurs produits de communication, de mémoire et de fonctions additionnelles. Ces cartes ont eu pour effet d'augmenter la demande pour les PC, ce qui a eu pour effet d'augmenter la demande pour les cartes, et ainsi de suite.

Au cours des premiers trimestres, les ventes dépassent les prévisions. Fait imprévu, un grand nombre d'ordinateurs se vend dans les grandes entreprises.

Il apparait, à première vue, que c'est IBM qui a légitimé le marche de la micro-informatique avec le PC. Il serait plus juste de dire que ce sont les détaillants qui, avec l'aide de manufacturiers de cartes tel que Tecmar, Quadram et AST Research qui ont poussé la marché de la micro-informatique vers des sommets inespérés.

1982: les compatibles

La sortie du Columbia Data Products MPC, fut l'un des événements les plus importants de 1982. Le MPC est le premier micro-ordinateur cloné sur le IBM PC. Il utilisait des routines internes (BIOS) qui fonctionnaient exactement comme celles de IBM, mais n'étaient pas une copie de celles-ci. Il était donc possible d'utiliser les logiciels qui fonctionnaient sur le IBM PC sans modification. Columbia a développé son produit tout en respectant les droits d'auteurs de IBM. À l'exemple de Columbia plusieurs manufacturiers ont développé des 'clones'.

C'est aussi en 1982 que plusieurs nouveaux logiciels importants sont apparus sur le marché. Lotus development Corporation, une nouvelle primeiras planilhascompagnie de la région de Boston a produit un chiffrier électronique nommé Lotus 1-2-3 et Autodesk a produit le premier logiciel de conception assisté par ordinateur (CAO) pour micro-ordinateur.

Ces produits ont établi des standards dans l'industrie. Lotus 1 2 3 avec son intégration du chiffrier électronique, des graphiques et d'une interface utilisateur simple et efficace a démontré aux grandes et moyennes entreprises que le micro-ordinateur pouvait s'avérer un outil utile et efficace. AutoCAD a démontré qu'il était possible, avec un ordinateur bon marché, d'obtenir un outil de CAO de qualité professionnelle. Les dirigeants de grandes entreprises se rendent compte qu'ils peuvent utiliser le PC pour l'analyse des données de vente et de mise en marché alors que leurs services internes ne peuvent pas fournir de support informatique dans des délais acceptables. De plus, le coût abordable du PC et des logiciels justifie la dépense à même leur budget.

LE IBM XT

En 1983, le PC, souvent combiné avec Lotus 1-2-3, est le standard aux États-Unis et au Canada et commence à être vendu en Europe. En mars, IBM lance le PC XT (XT pour «eXtended Technology»). Cet ordinateur utilise le même microprocesseur Intel 8088 que le IBM PC, mais offre une unité de disquette de 360 ko, un disque dur de 10 Mo et une mémoire plus grande. Tout cela pour 7 695 $.

Les concepteurs de l'architecture ouverte du PC ont fait preuve d'intuition, ce qui joue en faveur du XT. Les périphériques et cartes du PC conviennent au PC XT. Le nombre de 'clones' sur le marché croît. Ces ordinateurs reprennent l'architecture du PC, bon nombre des composants ou des composants identiques, ainsi que le système d'exploitation DOS.

Le Tandy modèle 100

Les ordinateurs portatifs, basés sur le Osborne, popularisés par la compagnie Compaq, de Houston (Texas), deviennent de plus en plus populaires. C'est alors que Tandy Radio Shack a pris toute l'industrie par surprise en lançant le Tandy Modèle 100, le premier ordinateur de type 'laptop'.

Le modèle 100, fabriqué au Japon par Kyocera, n'était compatible aux IBM PC. Cet appareil a démontré, de façon non équivoque, qu'il existait un marché pour un ordinateur vraiment mobile. C'est l'ordinateur par excellence pour la prise de notes sur la route, il devint rapidement le compagnon de route de tous les journalistes et des grands voyageurs.

Plus tard au cours de l'année, cherchant à envahir le marché de l'ordinateur domestique, IBM lance une version plus économique et réduite du PC, le PC junior. Mais il est trop tôt. L'entreprise interrompt les ventes au début de 1985. Malgré que cet appareil n'est pas important, d'un point de vue historique et technologique, il est important parce qu'il a prouvé la faillibilité de IBM.

Le Macintosh et le AT

Deux événements importants ont marqué le monde de l'informatique en 1984: le Macintosh et le IBM AT.

Le Mac était attendu depuis longtemps. Fruit d'un projet spécial dirigé par le génial Steve Jobs, un des fondateurs de Apple, il s'agissait d'un ordinateur qui utilisa beaucoup des innovations développées pour le Xerox Star: la souris, une interface graphique intégrée et une interface de réseau. La version originale possédait 128 Ko de mémoire vive et un lecteur de disquettes. Le système était livré avec deux logiciels: MacWrite (traitement de texte) et MacPaint (dessin).

Cet ordinateur offrait une approche nouvelle et a généré un enthousiasme incroyable, surtout pour un appareil qui n'était pas tellement puissant. Il offrait une alternative à ceux qui n'aimaient pas la prédominance des produits IBM et compatible. La preuve était faite qu'il y avait un marché.

C'est peu après l'annonce du Macintosh, que IBM a lancé son nouveau produit, le IBM PC/AT (pour Advanced Technology). Cet appareil, lancé en août 1984, fut le premier micro-ordinateur à utiliser le micro-processeur Intel 80286, nettement supérieur au 8088 utilisé dans les PC et XT. Bien qu'il offrait beaucoup de possibilités nouvelles, par exemple la mémoire en mode protégé, qui permettait d'augmenter la mémoire vive à 16 Mo, cet appareil a été utilisé principalement comme un PC plus rapide. Le AT utilisait toujours l'interface standard développée pour le IBM PC, connue sous le nom de ISA (Industry Standard Architecture). Cette interface, selon IBM et plusieurs intervenants de l'industrie, ne pourra pas satisfaire les besoins futurs de communication.

Par la suite les seuls événements majeurs de la décennie 1980 fut le lancement des micro-ordinateurs basé sur le microprocesseur 32 Bit Intel 80386 toujours plus rapide et l'annonce d'une nouvelle ligne de produits IBM.

Le PS/2

En avril 1987, IBM lance la gamme des PS/2. Le PS/2 se distingue par son architecture Micro-canal, et par un système d'exploitation plus puissant, OS/2, développé avec Microsoft.

L'architecture Micro-canal (connue aussi comme MCA) est la solution de IBM aux limites combles les lacunes que présente à long terme la topologie en bus du PC-AT, devenue désuète. OS/2 élimine les contraintes de mémoires internes et externes imposées par le DOS pour PC. Il intègre une interface graphique conviviale et soutient les communications réseau.

L'architecture Micro-canal et OS/2 s'inscrivent dans le cadre de la stratégie globale d'IBM, l'architecture unifiée d'applications (SAA). Les ordinateurs personnels ne seront plus orphelins.

Les PS/2 sont plus petits, plus rapides et plus puissants que les PC, et se distinguent par des graphiques de meilleure qualité. La nouvelle gamme de produits comprend le premier ordinateur personnel IBM conçu à partir du dernier microprocesseur Intel, le 80386.

Le retour aux familles

En 1990, IBM juga opportun de revenir au marché de l'ordinateur domestique et annonce le PS/1. Il s'agit d'un ensemble complet, facile à utiliser et ne présentant pas de difficultés d'approvisionnement puisqu'il est vendu dans les grands magasins. L'ordinateur lui même comprend un microprocesseur 80286 à 10 MHz, une mémoire interne de I Mo, une mémoire externe sur disquettes de 1,44 Mo et sur disque de 30 Mo. Il est offert, avec écran couleur VGA, au prix de 2515$. Toutes ces caractéristiques témoignent de l'augmentation continue du rapport performances/prix relatif. Le PS/I offre des performances trois ou quatre fois plus élevées que celles du PC initial à un peu plus de la moitié du prix.

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©MarcAndreLéger, 08.09.2008 08:12:08 -0400